Les quotas boursiers : le pour ou le contre

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C'est une volonté du gouvernement : ouvrir plus largement les grandes écoles aux étudiants boursiers, dans un objectif de plus grande mixité sociale. Faut-il dans ces conditions imposer des quotas de boursiers ?

La vraie question est celle de l'égalité des chances face aux concours. Les épreuves favorisent les candidats issus de milieux aisés, à la fois parce qu'ils connaissent les codes culturels utilisés dans les concours et également parce qu'ils peuvent se préparer de manière spécifique en suivant des préparations souvent très chères. Les jeux sont donc déjà fait dès le départ.

Les buts de la réforme

Les concours de recrutement sont dans la ligne de mire des partisans de la réforme.  Après Valérie Pécresse, Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale, a prôné hier une modification des concours, jugeant que :

Le contenu même des épreuves peut entraîner une certaine discrimination

Pour le commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg, les épreuves de culture générale et de français sont les plus discriminantes. En 2006, elles comptaient pour près d'un tiers de la note à Sciences po et 15 % à HEC, l'Essec et l'ESCP. De même pour les langues étrangères, sur lesquelles butent les élèves boursiers, moins souvent partis à l'étranger.

La classe préparatoire liste les différences entre les boursiers et les autres sauf dans deux domaines, l'accès aux très grandes écoles, et l'anglais

fait valoir Chantal Dardelet, responsable de la question au sein de la Conférence des grandes écoles et professeur à l'Essec,

mais doit-on pour autant organiser deux épreuves séparées pour les boursiers et les autres ? ce ne serait pas correct !

Le refus des Grandes Ecoles ... et des boursiers ?

Le 12 novembre dernier, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, avait fixé un objectif de 30% de boursiers pour chacune des grandes écoles françaises. Cependant, le 23 décembre, la Conférence des Grandes Ecoles a désapprouvé «d'une manière générale la notion de quotas» en avançant un double argument : la crainte d'une baisse du niveau moyen des élèves et le risque de voir les employeurs faire une différence entre les différentes voies d'accès au sein d'une même école. Un avis souvent partagé par d'anciens élèves boursiers.

SI vous souhaitez  connaître la réaction de six dirigeants issus d'établissement réputés, consultez cette page web : http://www.lefigaro.fr/formation/2010/01/13/01015-20100113ARTFIG00456-quotas-dans-les-grandes-ecoles-la-reponse-des-patrons-.php

Réaction d'anciens boursiers

"Non mais je vous jure... MOI, je suis étudiant à l'essec, MOI, j'ai lutté pour avoir ma place, MOI je lutte encore, je travaille et je me BATS (!!!) pour obtenir un super diplôme ! Si vous voulez tout savoir, je suis un élève boursier et en sortant de cette école je n'ai pas envie que les recruteur me disent "Vous avez été dans cette école non pas parce que vous aviez le niveau mais parce que vous étiez boursier" parce que ne vous leurrez pas... c'est exactement ce qu'ils penseront ! Alors plutot que de chialez sur le "J'ai pas les même chance que les autres" bossez et DONNEZ VOUS la chance d'avoir les même chances ! C'est vraiment du n'importe quoi ! Quand on voit comment le gouvernement fout la merde dans les lycées et collèges, NE TOUCHEZ PAS AUX ECOLES PRIVEES !"

Des quotas, mon dieu, non ! Quelle valeur aurait mon diplôme ? Ma fierté d'avoir réussi sans être "fils à papa" serait devenue une honte d'avoir pris la place de quelqu'un de plus méritant qui n'aurait pas bénéficié de la discrimination positive

(le figaro.fr)

La « Chance aux concours » : une alternative

La plupart des étudiants qui réussissent les concours ont effectué une préparation privée onéreuse (entre 900 euros et 3000 euros). Difficile donc, pour les étudiants boursiers qui n'ont pas les moyens, alors que bon nombre d'entre eux travaillent pour payer leurs études à l'université. Un certain nombre de ces étudiants manquent de confiance en eux car ils n'ont jamais été sur « la voie royale de la réussite ».

Chaque année, la "Chance aux concours" tente de palier à ces inégalités de départ, en offrant à une quinzaine d'étudiants boursiers une préparation de 5 mois aux concours des écoles de journalisme. Le point commun de tous ces étudiants est une motivation profonde pour le métier du journalisme et une réelle envie d'y arriver.

L'accent est mis sur la culture générale et l'anglais. Le contact régulier avec des journalistes permet à ses étudiants de se faire un réseau dans la profession. C'est alors plus facile de trouver un stage ; un facteur qui peut aider fortement à intégrer une école. Des tuteurs suivent des groupes de trois étudiants, ils les motivent au quotidien, les encouragent quand ils lèvent le pied, les aident à prendre confiance en eux.

Et ça marche !!! Sur les 41 étudiants ayant effectué la préparation de la Chance aux concours, près de 50% ont intégré une école de journalisme reconnue par la profession. Ils ne réussissent pas tous les concours du premier coup, mais ceux qui essayent une deuxième fois le font en général avec réussite.

Quelques réactions d'internautes tirés du site nouvelobs.com :

snaky39 : Non aux quotas
Je trouve impensable cette histoire de quotas dans les grandes écoles, mais ce serait de meme pour n'importe quelle école. L'entrée dans ces institutions est faite en grande majorité sur concours, et que vous soyez boursier ou non n'entre nullement dans votre éducation. La bourse a pour premiere vocation d'aider a assumer les contraintes financieres, donc faire des statistiques et voir la proportion de boursier est intéressant, mais ne jamais, mais vraiment jamais imposer 30 % de boursiers. A ce moment la, mettons aussi en place cette loi : dans le gouvernement, 3 personnes doivent faire moins de 1 m 50, 4 doivent etres des femmes ou 2 doivent venir de tel quartier. Ca devient completement n'importe quoi. De plus, j'ai vu une réaction de Rachida Dati sur France 2, mettez vous au courant des pratiques des écoles avant de réagir, une grande école ne correspond pas obligatoirement a une prépa. Je suis moi meme diplomé et je ne suis pas passé par prépa, d'autres voix sont possibles.

Le Rustre : Démagogie reine !

Ainsi, les gouvernements actent leur totale incapacité à faire de l'école un outil de réussite pour les élèves quelque soient leur origine sociale... et décident de résoudre leur échec en obligeant l'enseignement supérieur à prendre des élèves en fonction de leur origine sociale et non de leur succès au concours. C'est soviétique !
Erwin : La douce sélection française
Je fus un élève de Grande Ecole, issu d'un milieu provincial banal, sans autre atout que mes capacités. Déjà j'avais dû me battre contre mes profs de terminale qui étaient prêts à me reprocher de vouloir rejoindre un milieu trop sélectionné en entrant en classes prépas!!! Je n'ai par la suite hélas cessé d'avoir à me défendre de cette accusation. Ces études ont pourtant été pour moi la seule expérience de justice sociale de toute ma vie...Le milieu du travail lui, rempli de gens de tous horizons, était rempli de chausses-trappes, de manipulation, de saloperies diverses toutes faites pour dominer sur les (trop) visibles différences de compétences.

Teseo : @Gaël de l'ECP

Etant moi-même ingénieur diplômé d'une grande école, je trouve vos interventions sur les écoles de commerce consternantes, tout à fait dans la lignée des habituels "ce que je fais est difficile, ce que font les autres est facile".

Chacun son métier, ses compétences et ses qualités, les diplômés d'écoles de commerces en ont que vous n'avez pas et dont vous sous-estimez l'importance et la difficulté d'apprentissage.

Vos commentaires sont dans la lignée du "tout ce qui n'est pas technique est du flan", heureusement de moins en moins répandu chez les ingénieurs qui ont généralement l'esprit assez ouvert. Ce n'est visiblement pas votre cas, et c'est une grosse lacune dans ce métier.

innocento : rembourser les bourses

C'est très bien d'avoir des étudiants dans les Hautes Ecoles, mais ce ne sont pas ceux-là qui font la France des travailleurs car ils débutent leurs métiers lorsque les autres ont dejà 10 ans de carrière : alors qui paient les bourses en question ? Ne devraient-ils pas les rembourser une fois leurs études terminées et diplômes dans la poche?

Séance reflexion

Je vous ammenne maintenant  réfléchir sur quatre questions :

Etes vous pour ou contre les quotas de boursiers dans les grandes écoles ?
Comprenez vous l'avis des anciens boursiers et des internautes ?
Pensez vous que la "Chance aux concours" est une bonne alternative ? Si non, avez vous de meilleurs solutions ?
Des quotas, encore des quotas ! Ne sommes nous pas prisonniers d'une société avide de quotas ?

Pour ma part, mon opinion est vraiment partagé sur la question. Tous ces avis sont concevables, mais ils divergent en tous points. Je pense tout de même que les quotas ne sont pas une bonne chose ; il faudrait plutôt réduire les inégalité dès le plus jeune âge, car pour moi, l'école ne contribue pas à réduire les inégalités sociales entre les élèves, mais au contraire elle les accentue. Je comprend quand même l'avis des grandes écoles, qui y voit une baisse du niveau des élèves, mais aussi celui des anciens boursiers, qui pensent que leur diplôme n'aura plus de valeur. En tout cas je suis d'accord avec "innocento", les boursiers doivent rembourser leur bourses.

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